70ème anniversaire du combat de Douch

Le maquis Bir Hakeim affronte une troupe allemande

10 septembre 1943 - 10 septembre 2013 :  Soixante-dix années séparent la violence d’un combat entre partisans du maquis Bir-Hakeim et troupes d’occupation d’avec l’émotion de son souvenir. Le 10 septembre 2013, le monde des Anciens Combattants héraultais s’est trouvé rassemblé devant le presbytère de l’église de Douch pour commémorer un moment de résistance courageuse et en entretenir la mémoire afin que nul n’oublie ou ne néglige l’emblématique mot de Liberté. Un mot qui résonne toujours avec puissance dans les esprits des survivants de la Seconde Guerre Mondiale. Un mot d’ordre et de sacrifice pour la génération de nos pères dont des rangs entiers ont été fauchés en une sinistre moisson pour que notre nation ne succombe pas sous la botte nazie, pour que nous puissions encore sourire, chanter et danser. Vivre libres.

C’est dans cet état d’esprit que les élus et la population de la commune de Rosis ont reçu quelques centaines de participants pour partager des heures mémorielles intenses d’humanisme et d’empathie, devant une stèle (inaugurée voici neuf ans) dédiée aux morts du maquis Bir-Hakeim, à tous les résistants et combattants de France. À quelques mètres de l’église multi-centenaire de Douch, dans un vallon désormais empreint d’agreste sérénité.

Près de quatre-vingts porte-drapeaux ont fait le déplacement, dont les étendards, lourds d’Histoire, soulignèrent de tricolore les différentes phases de la cérémonie.

Autour de Nicolas de Maistre, sous-préfet de Béziers, et de Jacques Mendes, maire de Rosis, nombre d’élus, de représentants de l’État et de responsables d’Associations patriotiques (liste ci-contre) ont participé et assisté à cinq dépôts de gerbes, entendu trois allocutions et l’hommage de lycéens de Bédarieux aux morts du maquis Bir-Hakeim puis se sont recueillis par le chant et le silence.

Simple, généreuse et de haute tenue, cette cérémonie du soixante-dixième anniversaire du combat de Douch aura également constitué une passerelle entre souvenir et avenir. La présence des jeunes élèves du lycée Fernand Léger de Bédarieux en témoigne. À eux, à leur génération de savoir ne pas laisser s’éteindre cette flamme qui embrasa la Résistance et consuma l’occupant nazi : la flamme de la Liberté.

Ont participé à la cérémonie du 70ème anniversaire du combat du maquis Bir-Hakeim :

Élus et représentants de l’État

Madame et Messieurs Nicolas de Maistre, sous-préfet de Béziers, Béatrice Négrier, vice-présidente de la Région Languedoc-Roussillon, Jean-Luc Falip, conseiller général de St Gervais-sur-Mare, Françis Cros, conseiller général de La Salvetat-sur-Agoût, Jean Arcas, conseiller général de l’Hérault représentant le député K. Mesquida et le président du Parc naturel régional du Haut Languedoc, les maires et les représentants des communes de Cambon-et-Salvergues, Castanet-le-Haut, Combes, St Gervais-sur-Mare, Fraïsse-sur-Agoût, les délégations de la Gendarmerie nationale, des Sapeurs-Pompiers, etc…

Représentants du monde combattant et de l’État

Madame Latapie, directrice du service départemental des AC et VG, Messieurs Benoit et Autié, vice-présidents du Conseil départemental des AC et VG, Granier, président de l’Amicale des Anciens du maquis de Bir-Hakeim, Mesdames et Messieurs les présidents ou représentants de la FOPAC, des Médaillés Militaires, des Français Libres de l’Hérault, des AC d’Indochine et d’AFN, des Amis de Jean Moulin, etc… Ainsi que plusieurs dizaines de porte-drapeaux venus de l’ensemble du département de l’Hérault.

Représentants du lycée des métiers Fernand Léger de Bédarieux

Madame Nathalie Moulin et Monsieur Fabrice Delcourt, professeurs, une délégation de lycéens et lycéennes.
À noter que les élèves concernés ont réalisé un petit opuscule sur le sujet du maquis de Bir-Hakeim et du combat de Douch.

Listes non exhaustives

Pour télécharger le rapport secret du commandant de la section de gendarmerie de Lodève « sur l’attaque par les troupes allemandes d’une bande de jeunes Français réfugiés dans la montagne près de Rosis », cliquer sur les deux images ci-contre.

Cérémonie du 10 septembre 2013

Jacques Mendes et le devoir de mémoire

Une fois accueillis les nombreux participants à la cérémonie du 70ème anniversaire du combat de Bir-Hakeim et rendu hommage aux familles des maquisards n’ayant pu effectuer le déplacement de Douch (notamment Mme de Roquemaurel, veuve du capitaine Christian de Roquemaurel, commandant du maquis Bir-Hakeim lors du combat, Messieurs Bernard Sevestre, blessé au cours du combat, et Alain Uziel, Mesdames Racaud et Coucy), Jacques Mendes, maire de la commune de Rosis, a évoqué la symbolique de la stèle commémorative (lire ici) puis a ouvert une page d’Histoire maintenant vieille de soixante-dix ans :

« Dès l’été 44, avant le débarquement des Alliés en Normandie, francs-tireurs et partisans français de la haute vallée de l’Orb mobilisent une armée illégale dans notre région, qui plante ses faisceaux aux environs de Graissessac. L’an d’avant, des précurseurs, ceux du maqui Bir-Hakeim, tentaient l’aventure ici, sur le massif du Caroux près du hameau de Douch… »

Suivant le protocole de la cérémonie, le maire a cédé la parole à deux élèves du lycée Fernand Léger de Bédarieux lisant l’acte de décès des deux résistants (J.M. Allex, de Commercy – Meuse, et Jules Alphonse Landrieux, de Toulouse) morts pour la France à Douch, soulignant la force du soutien du proviseur et des professeurs Delcourt et Moulin qui sensibilisent depuis plusieurs années les élèves des classes qu’ils animent sur le thème de l’engagement personnel.

Combat inégal et brouillard complice

Le cas, exemplaire, des maquisards de Bir-Hakeim dont il rappelle l’engagement du 10 septembre 1943 :

« …Récemment débarqués des grandes écoles de Toulouse, ces jeunes résistants se sont installés dans le presbytère de Douch le 25 août 1943, provenant du camps de l’Estibi, proche de Villefranche-de-Rouergue. Leur tentative, éphémère et malheureuse, mérite toute notre reconnaissance.  Dans ses Mémoires de Guerre, le général de Gaulle a écrit :  « Le 10 septembre 1943 à Douch, dans les Hauts Cantons héraultais se déroule un combat en règle qui semble une sorte de signal. Une compagnie allemande est mise en fuite par les nôtres et laisse sur le terrain son capitaine et dix soldats. » … Ce premier combat de la Résistance eut lieu ici-même où nous sommes, dès 6h35 du matin.

« Tandis qu’un épais brouillard enveloppait le plateau et limitait la visibilité à quelques mètres, des coups de feu éclatent. Une colonne allemande forte de

deux cents hommes, venue par la route de Lamalou, avait cerné le camp sans éveiller l’attention des sentinelles. Les hommes du lieutenant de Roquemaurel se mettent en position sans prendre le temps de passer un vêtement par-dessus leur short.

« On se mitraille à bout portant et les éléments ennemis les plus audacieux sont contraints de reculer. Le capitaine, qui s’était approché à vingt mètres du poste de garde, paye de sa vie sa témérité. Mais les Allemands accentuent leur effort et tirent de toutes leurs armes automatiques, de leurs mortiers et de leurs canons légers.

« Après une heure d’un combat inégal, se rendant compte que l’encerclement est incomplet et que la face nord du camp est libre d’ennemis, le lieutenant de Roquemaurel rallie ses hommes sans tarder et ordonne le repli sur un cheminement reconnu quelques jours auparavant. Arrivant par les gorges d’Héric, des renforts allemands cherchèrent l’affrontement. L’épais brouillard, qui gêna l’identification et la reconnaissance aérienne, favorisa le repli des maquisards vers leur base de l’Aveyron. Deux d’entre eux furent tués (ndlr : et quatre autres blessés – lire ici ) tandis que l’ennemi perdait son capitaine et dix soldats. Avant de quitter les lieux, en guise de représailles, les Allemands mirent le feu au presbytère ayant servi d’asile aux maquisards. L’église fut préservée du sinistre. »

Mémoire constructive des Anciens Combattants et Résistants

Jacques Mendes s’est ensuite adressé aux Anciens Combattants et Résistants en termes particulièrement élogieux : « … Si nous savons, dans notre département comme dans la France entière, que les principes qui ont dicté votre noble attitude ont puisé leur source dans un fond inaltérable de patriotisme vrai, de calme bravoure et d’abnégation réfléchie avec le tenace espoir de voir à nouveau briller la pure flamme de la liberté au bout du trop long tunnel de nos désillusions d’alors, nous avons aussi des preuves tangibles et renouvelées de la valeur que vous attachez aux sentiments nés durant des périodes déchirantes, vécues au coude à coude. Des sentiments d’amitié, de fraternité, d’union qui perdurent et entretiennent, aujourd’hui, le souvenir « , concluant sur une note d’espoir et de gratitude :  » Par votre comportement actuel, vous, Anciens Combattants et Résistants, vous continuez à vivre votre idéal, à rechercher l’union indispensable entre tous les Français, honorant ainsi le souvenir de celles et ceux qui, souvent à vos côtés, sont morts pour que vive la France… Merci à tous ceux qui, contre vents et marées, s’attachent à entretenir la flamme de la Résistance française. Honneur aux valeureux combattants du maquis de Bir-Hakeim qui ont mûri la raison humaine et préparé les voies de la liberté ! »

Avec le maire de Rosis, Messieurs Nicolas de Maistre, sous-préfet de Béziers, et Robert Faliu, résistant et ancien maire de Rosis, ont pris successivement la parole.


Les messages de la stèle de Bir-Hakeim

De Jacques Mendes : « … Nous avons voulu que cette stèle marque les esprits, par son originalité et par son symbole, afin que soit perpétué le devoir de mémoire. Par son montage composé de trois niveaux, elle représente les fondements mêmes de notre république : Liberté, Égalité, Fraternité… »

Le socle de pierre représente notre Pays.

Le volume carré oxydé symbolise la force étrangère, structurée et corrompue qui s’est posée en dominatrice sur le Pays.

L’étoile de bronze représente l’homme libre et vainqueur de l’oppresseur, tourné en direction de l’Est (soleil levant), force d’espoir jaillissant en déséquilibrant la force corrompue.

10 septembre 2016

73 ans après Bir Hakeim

Hommage

aux Médaillés Militaires

Soixante-treize ans après le combat du 10 septembre 1943, le maquis de Bir Hakeim tient toute sa place dans les mémoires. Si prégnante chez toutes les générations d’anciens combattants encore représentées, ces mémoires ont été réactivées à la date anniversaire de 2016 par l’inauguration d’une stèle dédiée aux Médaillés militaires de la Région.

En présence d’un public particulièrement attentif, le maire de Rosis, Jacques Mendes, a rappelé l’événement de 1943 ainsi que celui d’une autre inauguration, celle de la stèle Bir Hakeim en 2013 (lire plus haut), poursuivant : « … La stèle à l’effigie de la médaille militaire que nous avons l’honneur d’inaugurer aujourd’hui dans un haut lieu de la Résistance est un hommage solennel et reconnaissant rendu aux Médaillés militaires pour que les générations futures se souviennent d’eux. Transmettre cette mémoire n’est pas une mince affaire. C’est une responsabilité historique dont nous devons nous sentir collectivement investis.

« Cette stèle est implantée par la volonté du président de l’Union départementale des Médaillés militaires de Béziers, Camille Torquebiau, et celle d’un de mes frères d’armes, Michel Pla, ayant servi comme gendarme à la brigade de Saint Gervais-sur-Mare… »

Jacques Mendes a également et amplement évoqué l’historique de la médaille militaire (lire sur Wikipédia) pour conclure en remerciant l’entreprise Granier

Bir Hakeim. Médaille militaire

pour le don de la stèle, René Magnaldi, premier adjoint au maire de Rosis, et Fabrice Delacourt, agent technique de la commune, pour son installation, les présidents des associations patriotiques représentées ainsi que les porte-drapeaux dont la présence a rehaussé l’aspect solennel de l’inauguration.

Dévoilement de la stèle, dépôts de gerbes, interprétations de l’hymne national,  du chant des Partisans et moments de recueillement ont scandé l’après-midi sous l’ombre accueillante des frondaisons environnant l’église Sainte Marie de Douch.

Madame Yvonne Sayos, vice-présidente nationale des Médaillés militaires, a rappelé les activités de la Société nationale d’Entraide de la Médaille militaire. Le député Élie Aboud a établi un parallèle entre les efforts d’hier et les tristesses d’aujourd’hui, citant lui aussi le général De Gaulle souvent sollicité mais ici fort à propos : « …Être dans le vent, c’est avoir le destin d’une feuille morte… » Selon l’élu, la médaille militaire fait partie intégrante du socle des valeurs nationales.

Gilles d’Ettore, maire d’Agde, et Francis Cros, président le la Communauté de communes de la montagne du Haut Languedoc, ont poursuivi sur le même ton tout en se satisfaisant d’agir ensemble dans certaines responsabilités actuelles couvrant la gestion du patrimoine forestier régional.

Un sympathique buffet a conclu l’après-midi, la solennité des moments précédents cédant alors la place à la fraternité.

Les personnalités présentes

Messieurs Élie Aboud, député de la 6°circonscription de Béziers, Gilles d’Ettore, maire d’Agde, Francis Cros, président de la Communauté de communes de la Montagne du Haut Languedoc, Madame Yvonne SAYOS, vice-présidente nationale des Médaillés militaires, Messieurs Joseph Andreux Bossut, président de l’Union départementale des Médaillés militaires de l’Hérault, Camille Torquebiau, président de la 66ème section des Médaillés militaires de Béziers, Guy Bancarel, président de la 1577° Section des Médaillés militaires d’Agde, le major Falzon, commandant adjoint de la Communauté de brigades de gendarmerie de Bédarieux.

Madame et Messieurs les maires des communes voisines de Combes, Castanet le haut, St-Étienne d’Estréchoux, Graissessac, Taussac-la-Billière.

Une vingtaine de porte-drapeaux venus de toute la Région.

Excusés : Mr le sous-préfet de Béziers, Kléber Mesquida, député, Marie-Pierre Pons, conseillère départementale du canton de Saint Pons-de-Thomières, Jean Arcas, maire d’Olargues.

 

photos JMH/internet-hautlanguedoc.com