Patrimoine architectural de Rosis

Entre landes et rochers, authentiques pierres et lauzes

Depuis le fond des siècles, les habitants de la montagne du Haut Languedoc (des montagnes de France, pourrait-on plus largement dire), ont su non seulement adapter leur habitat aux exigences climatiques mais également le marier avec son environnement. Cette immersion est principalement due au fait qu’antérieurement on bâtissait avec ce que l’on trouvait tout simplement autour de soi.

Sur la commune de Rosis, comme dans toute la montagne du Haut Languedoc, le granite, le gneiss et le schiste ont permis d’élever des murs et de couvrir des charpentes. Celles-ci étaient en bois de châtaignier, comme la menuiserie. Naturellement stratifié, le schiste a été utilisé pour tailler la lauze, robuste ardoise montagnarde. Avant la Seconde Guerre mondiale, pour construire, on ne s’est pas ou guère préoccupé d’innovation. Seules la solidité et la sécurité ont été prises en compte. C’est du costaud et ça résiste…

Halte à l’incohérence

Aussi, quand un véritable ras-le-bol des murs ancestraux s’est manifesté dans les années 1960, a-t-on vu apparaître des édifices, des maisons construits avec de nouveaux matériaux, fabriqués et non plus puisés alentours. Une mini révolution qui a rapidement révélé autant d’idées géniales que de surprenantes constructions inadaptées à l’environnement montagnard. Toute l’Europe a été le théâtre d’un tel phénomène. En France, l’aménagement du territoire, les plans d’occupation des sols (POS) communaux et les astreintes des permis de construire ont, entre autres, mis un frein à un véritable massacre architectural et environnemental. Désormais, pour construire, il est autant tenu compte d’une intégration environnementale que d’un choix de matériaux.

Un patrimoine architectural qui recèle de petits trésors

À sa dimension, la commune de Rosis a vécu pareilles étapes et péripéties. Peut-être d’une façon davantage privilégiée qu’ailleurs, grâce au bon sens montagnard et à la perspicacité de ses édiles. L’essentiel de l’architecture rurale ancestrale du territoire de Rosis demeure sauvegardé. Et c’est bien vu, car le tourisme se développant et de nouvelles exigences touristiques apparaissant, conséquence de modes de vies urbains oppressants, le territoire de la commune de Rosis recèle de petits trésors, pépites d’ingéniosité, de savoir-faire et d’élégance architecturaux, susceptibles de combler les attentes d’amateurs de ressourcement, quêteurs d’authenticité.

Ce patrimoine est dispersé ici et là, entre montagne et vallées, semé sur le sentier des vacances tel les cailloux du petit Poucet. Il faut savoir questionner l’habitant, fureter ou s’adresser à la mairie de Rosis à Andabre pour découvrir le bon endroit, la belle pierre, le bel édifice. Oh, pas l’équivalent de la cathédrale de Chartres ! Mais le mariage par mille petits riens réussi de l’effort montagnard et de la beauté naturelle.

Faire parler l’œil…

Les beautés architecturales de la commune de Rosis se révèlent de telles façons que l’attention s’en trouve sans cesse sollicitée. C’est au détour d’un chemin ou d’une route, c’est sous l’angle pentu des rayons du soleil couchant, c’est un mur qu’une mousse souligne, c’est une émotion qui jaillit d’une fontaine dont l’eau interpelle par sa limpidité…

Et c’est toujours l’œil qui parle. Qui dit que c’est surprenant, que c’est étonnant, que c’est séduisant, que c’est impressionnant, que c’est…

Sur le territoire de la commune de Rosis, le regard peut se porter droit devant, disponible pour l’essentiel d’un séjour : découvrir, contempler et retrouver l’essentiel. Le patrimoine architectural de Rosis témoigne à sa manière de la constance du temps, de la confiance des aïeux regardant l’existence.

L’architecture cévenole

Cela surprend toujours lorsque l’on dit que la montagne du Haut Languedoc est une montagne cévenole. Elle se situe effectivement sur la barre des Cévennes méridionales qui grimpent depuis le lodévois pour descendre ensuite sur Mazamet. A ne pas confondre avec les Cévennes ardéchoises et gardoises qui constituent la barre des Cévennes orientales, dominée par le mont Aigoual (1 567 m).

En Haut Languedoc, l’architecture est particulièrement fidèle à l’aspect cévenol. Ainsi le choix des matériaux de construction et l’aspect des bâtiments, leur mode d’intégration dans les paysages.